Le problème de l’enseignement est simple : quand vous commencez, les étudiants ont votre âge, vous êtes leur grand frère. Puis vous devenez leur père, puis leur grand-père. Je le sais, j’en suis à ma trente-huitième rentrée. L’écart se creuse chaque année, où vos interlocuteurs vous renvoient quelque chose de plus jeune.
En 2010, eux c’est l’écran, moi c’est l’écrit. Eux, Microsoft, moi Gutemberg. A Porto Novo, au Bénin, j’ai fait construire une bibliothèque et, en face, un cyber-café. C’est très complémentaire.
Peut-on alors se dire néophyte lorsqu’il s’agit, concernant l’Internet, d’une mutation qui s’accomplit en temps réel, et que nous avons la chance de vivre nous-même dans ce temps de mutation, de transition ? Bien pour cela qu’il est urgent, dans la transmission de la littérature, de réviser la place que nous donnons à l’histoire du livre – les Petits Traités de Pascal Quignard (Folio, tome 1) étant en ce point exemplaires.
La question fondamentale, qui vaut aussi bien pour l’université que pour les lieux institutionnels du livre, c’est comment prendre en charge la médiation de ces usages ? Qui apprend aux bibliothèques à installer un serveur d’accès à distance ? Qui expliquera aux auteurs ce qu’on emboîte dans un PDF et dans un epub, et leur différence ?
Martine Poulain, Livres Hebdo n°802, 18 décembre 2009.
L’article intégral vaut vraiment la peine d’être lu !